Tous les vignerons vous le diront : c'est le moment le plus sensible, l'étape difficile à passer, la saison fragile. Au sortir de l'hiver la nature reprend doucement ses droits. Le bourgeon a la frêle beauté du cristal. L'hiver revient parfois, avec de sévères gelées. Il n'y a pas grand chose à faire contre ces gelées qui apparaissent certaines années jusqu'en avril ou mai, aux "Saints de glace". Mais le plus souvent la douceur précède la chaleur. La vigne renaît, elle s'élance avec ardeur. L'émondage la débarasse des bourgeons inutiles. Ensuite vient simultanément ou en même temps l'époque de la fleur et les relevages. La fleur de vigne est toute petite mais très odorante, elle ne persiste que quelques jours. Les vendanges arrivent entre 90 et 100 jours après la floraison. Les relevages : la vigne s'étale sur le sol. Il faut la relever. Plusieurs systèmes sont réalisables. Le rognage total qui consiste à couper au plus près les sarments à l'aide d'un tracteur munit de cisaille. Le relevage manuel; nous relevons chaque sarment, les joignons d'une main et les attachons avec un brin d'osier ou un rotin. Les cisaillages : le rognage s'effectue à 2 reprises avec la cisaille pour étêter la végétation qui pousse un peu haut du col. Les sulfatages : La vigne est menacée par le mildiou, l'araignée rouge qui dévore des feuilles, l'oïdium, la pourriture grise qui mange les futurs raisins. Ces infections nécessitent quelques sulfatages. Et puis certaines années il y a ces terribles orages qui font parfois pleuvoir sur le vignoble de la grêle dévastatrice. Elle hache les feuilles, elle blesse les raisins, elle ouvre les plaies qu'il faut cicatriser dans les 24 heures sinon la maladie s'y installe. |